Un serrurier métallier exerce un métier du bâtiment à double compétence : il fabrique en atelier des ouvrages en métal (garde-corps, escaliers, portails, grilles) et pose ou sécurise les fermetures d'un logement. Entre art du fer et technique de la serrure, il travaille l'acier, l'aluminium et l'inox.
Le métier en quatre repères
- Deux savoir-faire réunis : la métallerie (fabriquer des ouvrages) et la serrurerie (fermer et protéger).
- Matériaux courants : acier, inox, aluminium, plus rarement fer forgé, cuivre ou laiton pour la décoration.
- Formation d'entrée : le CAP métallier, puis bac pro, brevet professionnel ou BTS selon le niveau visé.
- Pour un particulier : vérifier l'assurance décennale et demander un plan coté avant toute fabrication.
Serrurerie et métallerie, deux facettes d'un même métier
Le serrurier métallier est d'abord un métallier : il transforme des barres, des tubes et des tôles en éléments finis, prêts à poser sur un chantier. La serrurerie, au sens ancien du mot, désignait déjà tout ce que l'on fabriquait en fer dans un bâtiment, des grilles aux pentures de portes ; la spécialisation dans les serrures et le dépannage est venue plus tard. Le terme de serrurier métallier garde cette double origine.
Dans les faits, les entreprises se répartissent sur un éventail large. Certaines ne font que de la métallerie de bâtiment (escaliers, passerelles, verrières), d'autres combinent fabrication et sécurité des accès : blocs-portes blindés, grilles de défense, portails motorisés, contrôle d'accès. Un artisan qui annonce les deux activités doit pouvoir montrer des réalisations dans chacune. La métallerie industrielle, de l'atelier aux structures lourdes, relève souvent d'entreprises plus grandes, proches de la construction métallique et de la chaudronnerie.
Quelles sont les missions d'un serrurier métallier ?
Les missions d'un serrurier métallier suivent toujours la même chaîne de travail, du relevé de mesures jusqu'à la pose. Chaque étape demande un savoir-faire distinct, et une erreur à l'une se paie à la suivante.
- Relever et lire le plan : prise de cotes sur place, lecture des plans de l'architecte ou du bureau d'études, choix des profils et des assemblages.
- Préparer les pièces : traçage, découpe à la scie, à la cisaille ou au plasma, perçage, cintrage des tubes et pliage des tôles.
- Assembler : soudure (MIG, TIG ou à l'arc), boulonnage ou rivetage, puis meulage et contrôle des équerrages.
- Traiter et finir : galvanisation, thermolaquage ou peinture, selon l'exposition de l'ouvrage.
- Poser sur le chantier : scellement, fixation chimique ou mécanique, réglage des ouvrants, mise en service des serrures et des motorisations.
Côté sécurité, le travail du serrurier comprend aussi le remplacement de cylindres, l'installation de serrures multipoints, le blindage de portes et l'ouverture de portes claquées. Ces interventions se font souvent seul, alors que la fabrication et la pose d'un grand ouvrage mobilisent une équipe de deux à quatre personnes.
Les matériaux et les outils de l'atelier
Les matériaux d'un serrurier métallier se choisissent selon trois critères : la charge à reprendre, l'exposition aux intempéries et l'aspect attendu. L'acier reste le matériau de base, l'aluminium s'impose pour les menuiseries et les ouvrages légers, l'inox pour les ambiances humides ou marines.
| Matériau | Atouts | Ouvrages typiques |
|---|---|---|
| Acier | Résistant, soudable, économique ; à protéger de la rouille | Escaliers, charpente, portails, grilles |
| Aluminium | Léger, ne rouille pas, se thermolaque bien | Menuiserie aluminium, vérandas, garde-corps vitrés |
| Inox | Inaltérable, entretien réduit, aspect brossé ou poli | Rampes, mains courantes, bord de mer |
| Fer forgé, cuivre, laiton | Travail à chaud, rendu décoratif | Ferronnerie d'art, marquises, poignées |
L'atelier réunit des outils de découpe (scie à ruban, cisaille, plasma), de mise en forme (plieuse, cintreuse, presse), d'assemblage (postes à souder) et de finition (meuleuse, ponceuse). Les entreprises les mieux équipées pilotent une partie de la découpe par machine à commande numérique, ce qui raccourcit les délais pour des pièces répétées.
Quels types d'ouvrages réalise un serrurier métallier ?
Les ouvrages d'un serrurier métallier couvrent presque tout ce qui, dans un bâtiment, est en métal et doit être fabriqué sur mesure. On peut les ranger en trois familles.
- Ouvrages de sécurité des personnes : garde-corps, rampes, escaliers, passerelles. Ils obéissent à des règles précises de hauteur et de résistance, détaillées dans notre fiche sur les normes de hauteur d'un garde-corps.
- Éléments de fermeture : portails, clôtures, grilles de défense, portes blindées, rideaux métalliques de commerce, portes coupe-feu.
- Ouvrages de structure et de décor : charpentes légères, mezzanines, verrières d'atelier, pergolas, marquises et ferronnerie d'art.
Pour un particulier, les demandes les plus fréquentes restent l'escalier ou le garde-corps intérieur, le portail et la sécurisation de la porte d'entrée. S'y ajoutent les grilles de fenêtre, les balcons et les garde-corps en verre, qui associent profils métalliques et vitrage feuilleté pour ouvrir l'espace. Pour une entreprise, ce sont plutôt les mezzanines de stockage, les escaliers de secours et les fermetures de locaux.
Comment devenir serrurier métallier ?
Devenir serrurier métallier passe le plus souvent par une formation professionnelle du BTP, en lycée professionnel, en centre de formation d'apprentis ou chez les Compagnons du Devoir, dont le tour de France forme des métalliers depuis des générations. L'alternance domine : l'apprenti partage son temps entre l'école et une entreprise, et ce parcours en apprentissage permet de découvrir le secteur des travaux de métallerie avant de choisir une spécialité.
Les diplômes, du CAP au BTS
- CAP métallier (niveau 3) : le diplôme d'entrée, qui a pris la suite de l'ancien CAP serrurier métallier ; il prépare à fabriquer et poser des ouvrages simples.
- Bac pro : le bac pro Ouvrages du bâtiment : métallerie, ou le bac pro Technicien en chaudronnerie industrielle pour la voie plus industrielle.
- Brevet professionnel métallier : pour gagner en autonomie et viser un poste de chef d'équipe.
- BTS Architectures en métal : conception et réalisation : pour le bureau d'études, la conduite de chantier ou la direction d'atelier.
Les adultes en reconversion peuvent viser un titre professionnel de niveau 3 du ministère du Travail ou un certificat de qualification professionnelle de la branche. La fiche métier de l'Onisep et celle du site de l'artisanat détaillent les établissements par région ; un centre d'information et d'orientation donne la même info sur rendez-vous.
Les compétences attendues
Les compétences d'un métallier tiennent autant à la tête qu'aux mains : lire un plan et calculer des cotes, maîtriser plusieurs procédés de soudure, avoir le sens de la précision et de la géométrie. S'y joignent une bonne condition physique (port de charges, travail en hauteur), le respect des règles de sécurité du chantier et, pour la ferronnerie d'art, un goût du dessin. Ces aptitudes se travaillent : le soudage des métaux s'apprend par la répétition, et un dessinateur de bureau d'études commence souvent par quelques années de montage sur le terrain.
Salaire et évolution dans le métier
Le salaire d'un serrurier métallier dépend du niveau de qualification, de la taille de l'entreprise et de la convention collective du bâtiment qui s'applique ; un débutant titulaire du CAP démarre près des minima de la grille, un compagnon expérimenté ou un chef d'atelier s'en éloigne nettement. Les grilles salariales sont négociées par région et publiées par les fédérations du BTP : ce sont elles qui font foi, pas les moyennes affichées par les sites d'emploi.
L'évolution suit trois voies : la technique (chef d'équipe, chef d'atelier, technicien de bureau d'études), la spécialisation (ferronnerie d'art, menuiserie aluminium, sécurité des accès) ou la création d'entreprise. Beaucoup d'artisans s'installent après quelques années d'activité salariée, ce qui explique le grand nombre de petites structures dans la profession.
Choisir un serrurier métallier pour son projet
Choisir un serrurier métallier pour un ouvrage sur mesure, c'est d'abord vérifier qu'il fabrique lui-même : un atelier, des réalisations photographiées, des références de chantiers récents. Viennent ensuite l'assurance décennale (obligatoire pour un ouvrage lié au bâti), un devis détaillé qui précise matériau, finition, fixation et délai, et un plan coté validé avant la découpe de la première pièce.
Pour la sécurité d'une porte, la question change : on cherche un professionnel qui pose des produits certifiés, comme une serrure certifiée A2P et ses niveaux d'étoiles, et qui remet les cartes de propriété des clés. Pour une urgence, enfin, les règles de devis préalable protègent le client ; elles sont rappelées dans notre page sur le dépannage serrurier en urgence 24h.
Serrurier métallier : réponses aux questions courantes
Quelle différence entre un serrurier et un serrurier métallier ?
Un serrurier au sens courant installe, répare et ouvre des serrures. Un serrurier métallier fabrique en plus des ouvrages en métal dans son atelier : escaliers, portails, garde-corps, grilles.
Faut-il un diplôme pour exercer ?
Pour créer une entreprise de métallerie, la loi exige une qualification professionnelle : un CAP, un diplôme supérieur ou plusieurs années d'expérience dans le métier, contrôlées lors de l'immatriculation.
Un serrurier métallier travaille-t-il le bois ?
Rarement. Il peut associer bois et métal, par exemple pour les marches d'un escalier ou un portail mixte, mais la partie bois est le plus souvent confiée à un menuisier.



















